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Comprendre la neurodivergence : Au-delà des étiquettes

Comprendre la neurodivergence : Au-delà des étiquettes

Depuis quelques années, le mot neurodivergence s’est introduit dans les médias sociaux, les milieux scolaires ainsi que les contextes cliniques. Malgré cette visibilité accrue, il n’est pas toujours simple de bien comprendre les implications de ce terme. Par ailleurs, la neurodivergence peut encore être associée à une forme de stigma social.

Qu’est-ce que la neurodivergence ?

Le terme neurodivergence est un mot générique servant à désigner tout mode de fonctionnement neurologique considéré comme divergent du fonctionnement « typique » ou majoritaire. Par exemple, les profils neurodéveloppementaux incluant le spectre de l’autisme, le TDAH, les troubles dys (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie), le syndrome de Gilles de la Tourette ou encore certains profils intellectuels (comme la douance ou la déficience intellectuelle) sont considérés comme neurodivergents.

Le paradigme de la neurodiversité présuppose qu’il existe plusieurs façons valides de penser, de ressentir, d’apprendre, de comprendre, de communiquer et d’interagir. Cette philosophie considère que la diversité neurologique fait partie intégrante de la diversité humaine et qu’elle est à la fois souhaitable et nécessaire. Parmi cette diversité se trouve une variété de profils, incluant les profils neurotypiques (ayant un fonctionnement neurologique considéré comme typique ou dans la moyenne) ainsi que des profils plus atypiques appartenant à la neurodivergence.

Le terme neurodivergence n’est pas associé à un diagnostic particulier, mais plutôt à la reconnaissance que certains profils diffèrent des normes sociales établies. Bien qu’une personne présentant un certain diagnostic puisse s’identifier comme neurodivergente, la neurodivergence constitue davantage un statut identitaire qui peut exister indépendamment de la présence d’un diagnostic officiel. Il s’agit d’une forme de revendication identitaire qui, lorsqu’elle est bien comprise et bien utilisée, peut servir de levier de cohérence et d’acceptation de soi.

Au-delà des diagnostics

Un diagnostic peut parfois être extrêmement utile, aidant, validant, voire nécessaire.

Puisque l’esprit humain tend à réfléchir et à comprendre les phénomènes à travers les mots et la sémantique, le vocabulaire permet de rendre « réel » ce qui est nommé. Par exemple, le fait de nommer qu’une personne se situe sur le spectre de l’autisme permet à cette réalité de devenir plus tangible pour l’individu et son entourage.

C’est en ce sens qu’un diagnostic approprié peut permettre à une personne de mieux se comprendre et de mieux s’accepter, de mettre des mots sur une expérience vécue, d’accéder à des ressources adaptées, de s’identifier à une communauté ou encore de diminuer un sentiment de honte ou d’incompréhension. Un profil diagnostique adéquat peut aider à démystifier, apprivoiser, comprendre, et valider certaines expériences vécues.

Dans le contexte de la neurodivergence, un profil diagnostique adéquat peut réellement contribuer à une construction identitaire plus cohérente, et à une notion de sens.

En contrepartie, réduire une personne à un terme clinique ou à un diagnostic peut aussi devenir limitant lorsque cela est fait de manière réductionniste, en faisant fi de sa personnalité, ses forces, ses intérêts, ses capacités d’adaptation, sa créativité ou encore son vécu émotionnel.

Une approche neuroaffirmative

En psychothérapie, l’approche neuroaffirmative se positionne en faveur de la reconnaissance de la neurodiversité et de l’affirmation de l’identité neurodivergente. En reconnaissant la neurodivergence comme une partie intégrante de l’identité d’un individu, le profil diagnostique devient alors un allié dans la compréhension de soi plutôt que la marque d’un stigma social.  

Cette approche, qui célèbre la diversité neurologique, ne consiste pas à nier les défis réels associés à la neurodivergence, car ceux-ci sont nombreux et bien présents. Les difficultés exécutives, sensorielles, émotionnelles ou sociales peuvent avoir des impacts significatifs sur le fonctionnement quotidien, sans compter les inégalités systémiques auxquelles les personnes neurodivergentes font souvent face.

Dans un suivi psychothérapeutique intégrant une philosophie neuroaffirmative, on cherche généralement à :

  • Normaliser les difficultés associées aux inégalités systémiques ; 
  • Comprendre le profil unique de la personne ; 
  • Réduire la honte et l'autocritique ; 
  • Développer des stratégies qui respectent les capacités de fonctionnement de l'individu ;
  • Favoriser l'autonomie et le bien-être ;
  • Mobiliser la présence au sein d'environnements plus accessibles et adaptés.

Dans cette perspective, la salle de thérapie neuroaffirmative devient un espace de compréhension et de soutien, plutôt qu’un lieu où la personne sent qu’elle doit répondre aux attentes sociales.

Comprendre la neurodivergence, c’est apprendre à regarder au-delà des étiquettes, des stigmas et des normes sociales. C’est reconnaître que les êtres humains ne fonctionnent pas tous de la même manière et que la neurodiversité mérite d’être accueillie avec nuance, curiosité et humanité.

Derrière chaque personne neurodivergente et chaque profil neurodéveloppemental se trouve un individu avec son histoire, ses défis, ses forces et sa manière unique d’habiter le monde. La psychothérapie intégrant une approche neuroaffirmative cherche justement à créer des espaces où habiter ce monde devient une expérience plus sécurisante, authentique et épanouissante.

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